Résumé
Le 8 mars, date de la Journée internationale des femmes, trouve son origine dans la proposition de Clara Zetkin en 1910 et de la première manifestation du 19 mars 1911. Elle devient définitive grâce à la grève des femmes russes de 1917, officialisée par Lénine en 1921, puis adoptée mondialement par l’ONU (1975‑1979). En France, la journée devient officielle en 1982 sous Mitterrand et Yvette Roudy. Aujourd’hui, le 8 mars reste un repère pour dénoncer les inégalités salariales, les violences, la sous‑représentation et la charge mentale, tout en rappelant l’histoire des luttes féministes.
Le 8 mars : vous avez déjà vu cette date s’afficher partout, dans les médias, sur les réseaux sociaux, parfois accompagnée d’un joli brin de mimosa. Mais derrière ce symbole coloré, il y a bien plus qu’une simple célébration. La date de la journée de la femme n’est pas anodine. Elle porte avec elle des luttes, des grèves, des rêves de liberté et d’égalité.
Cette journée, aujourd’hui mondiale, plonge ses racines dans des combats d’antan, menés par des femmes souvent oubliées : ouvrières, syndicalistes, militantes. Son histoire mêle politique, révolutions et avancées sociales.
Si la Journée internationale des femmes est désormais célébrée officiellement en France depuis 1982, son souffle remonte au début du XXe siècle. Elle naît dans un contexte de révolte, d’exigence de reconnaissance, et surtout, de revendications pour des droits fondamentaux. Vous le savez sans doute déjà, mais chaque pas vers l’égalité entre les sexes a été âprement négocié.
Au fil du temps, cette date a pris différentes formes : seconde opportunité de mobilisation, moment médiatique, symbole commercial… Pourtant, son cœur, c’est la mobilisation des femmes pour leurs libertés.
Reste une question : la journée du 8 mars a-t-elle encore le même poids aujourd’hui ? Y répondre, c’est aussi explorer pourquoi elle existe, comment elle s’est imposée, et ce qu’elle représente vraiment.
Pourquoi le 8 mars est la date de la Journée internationale des femmes ?

Quelle est l’origine de la Journée internationale des femmes ?
Vous pensiez peut-être que cette journée est née d’un vote onusien ou d’une initiative moderne ? Détrompez-vous. Tout commence en 1910, dans une salle de réunion à Copenhague, où se rassemblent des représentantes du mouvement socialiste international.
C’est là qu’une figure marquante entre en scène : Clara Zetkin, journaliste et militante politique allemande. Elle y propose une idée simple mais puissante : créer une journée dédiée à la revendication des droits des femmes, notamment celui du droit de vote, encore refusé à l’époque dans la plupart des pays.
Le mot d’ordre est clair : il faut une date unique pour unir les femmes à travers le monde dans une même exigence. Et ce n’est pas encore le 8 mars.
La première grande célébration a lieu un an plus tard, le 19 mars 1911. Plus d’un million de femmes descendent dans la rue en Allemagne, Autriche, Danemark et Suisse. Le choix de cette date n’est pas neutre : il fait référence aux grands soulèvements révolutionnaires de 1848, où la liberté, la démocratie et le suffrage étaient au cœur des débats.
Ce moment fort jette les bases d’un rendez-vous politique et populaire, loin d’une simple commémoration. Il s’agit bel et bien d’une mobilisation en faveur des droits fondamentaux des femmes.
Comment le 8 mars est devenu la date officielle ?
Le 8 mars n’entre pas dans l’histoire par hasard. Il s’impose grâce à un événement historique de grande ampleur : la grève des femmes russes en 1917.
Le 23 février 1917 du calendrier julien , qui correspond au 8 mars dans le calendrier grégorien utilisé ailleurs , des milliers de femmes ouvrières descendent dans les rues de Petrograd. Leur cri du cœur ? « Donnez-nous du pain et la paix ! ». La faim, la guerre, l’épuisement : elles en ont assez.
Ce mouvement spontané devient rapidement une journée de grève massive, marquant le début de la Révolution de Février. Son impact est énorme : quelques jours plus tard, le tsar Nicolas II abdique. Et dans la foulée, le gouvernement provisoire accorde aux femmes le droit de vote. Un tournant majeur.
Pour honorer ces ouvrières qui ont allumé la mèche, le Parti bolchevique, mené par Lénine, officialise en 1921 le 8 mars comme journée des femmes. Pragmatique, mais surtout symbolique : il s’agit d’ancrer la date dans le combat prolétarien et féministe.
| Année | Événement clé | Conséquence |
|---|---|---|
| 1910 | Proposition de Clara Zetkin à Copenhague | Création d’une journée internationale pour les droits des femmes |
| 1911 | Première célébration le 19 mars | Mobilisation en Allemagne, Autriche, Danemark, Suisse |
| 1917 | Grève des femmes à Petrograd (8 mars) | Début de la Révolution russe et obtention du droit de vote |
| 1921 | Institutionnalisée par Lénine | Le 8 mars devient la date officielle dans l’URSS |
Peu à peu, cette date de la journée de la femme s’étend. La Chine adopte le 8 mars dès 1924. Puis, après 1945, les pays du bloc soviétique suivent, en faisant une fête nationale à part entière. Dans ces contextes, la journée s’accompagne souvent de cadeaux, de fleurs, et d’hommes qui prennent en charge les tâches ménagères… mais pas toujours de véritable débat sur l’égalité.
Pourquoi parle-t-on d’une grève aux États-Unis en 1857 ?
On entend parfois parler d’une grève d’ouvrières new-yorkaises, réprimée violemment le 8 mars 1857, comme origine de la journée. Belle histoire, hein ? Surtout si elle parle d’insoumission et de courage.
Sauf que… elle est fausse.
Cette version apparaît surtout dans les années 1950, notamment relayée par le journal L’Humanité en 1955. L’objectif ? Donner à la date de la journée de la femme une dimension internationale et ouvrière, tout en s’éloignant d’un ancrage purement soviétique. Parce qu’à l’époque, certaines factions veulent que la journée ne soit pas uniquement une invention communiste.
Pourtant, des recherches historiques menées sérieusement , surtout en 1982 , ont montré l’absence totale de traces de cet événement. Pas de grève. Pas de répression. Rien.
Il s’agit donc d’un mythe historique, certes puissant, mais inventé. Une anguille sous roche, que l’on continue parfois de répéter, car elle sonne juste, même si elle n’est pas vraie.
Le hic, c’est que ce récit cache la vraie force de l’histoire : celle de femmes russes en 1917, qui ont réellement changé le cours des choses.
Comment le 8 mars est devenu une journée internationale reconnue ?

Quel rôle ont joué les Nations Unies ?
La reconnaissance de cette journée par l’ONU ne se fait pas par hasard. Elle se fait progressivement, grâce à une attention croissante portée aux droits des femmes après la Seconde Guerre mondiale.
L’année 1975 est un tournant : l’Organisation des Nations Unies proclame l’« Année internationale de la femme ». C’est un puissant levier de visibilité. Pour la première fois, la communauté internationale s’engage officiellement sur la question de l’égalité entre les sexes.
Deux ans plus tard, en 1977, l’Assemblée générale adopte une résolution claire : elle invite tous les États membres à célébrer le 8 mars comme la « Journée internationale des droits des femmes ». Ce n’est plus une initiative locale ou partisane : c’est une reconnaissance globale.
Encore plus fort : en 1979, l’ONU adopte la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, un traité fondamental. Il fixe un cadre juridique pour lutter contre les inégalités et les discriminations subies par les femmes dans presque tous les domaines de la vie.
Ces décisions changent tout. Elles donnent à la journée une légitimité incontestable et ouvrent la voie à des politiques publiques plus ambitieuses.
- 1975 : Année internationale de la femme (ONU)
- 1977 : Résolution de l’ONU pour la célébration du 8 mars
- 1979 : Adoption de la Convention CEDAW, texte-clé des droits des femmes
Comment la journée a-t-elle évolué dans les années 1970 ?
Les années 1970, ce n’est pas qu’une histoire de rock et de liberté sexuelle. C’est aussi celle d’un véritable séisme pour le combat des femmes.
Les mouvements féministes, alors en pleine effervescence, s’emparent du 8 mars. Mais attention : pas pour en faire une copie conforme de la version communiste. Non. Ils veulent autre chose : une journée autonome, libre de toute idéologie partisane, au service des droits des femmes.
En France, ce tournant est décisif. Le 8 mars devient un moment fort de mobilisation. On y parle d’avortement, de travail, de violences. On y exige l’accès à l’IVG, légalisé en 1979, mais dont la mise en œuvre reste difficile.
Peu à peu, la journée s’élargit. Elle ne se limite plus à la question du vote ou du travail. Elle embrasse aussi :
- La lutte contre les violences faites aux femmes
- Les inégalités salariales : une femme gagne encore en moyenne 17 % de moins qu’un homme
- La sous-représentation politique : les femmes sont encore minoritaires à l’Assemblée nationale
- La charge mentale : invisible, mais écrasante
Le 8 mars devient alors bien plus qu’une commémoration : c’est un appel à l’action, un miroir tendu à la société.
Quand le 8 mars est-il devenu officiel en France ?

Pourquoi 1982 est une date clé en France ?
Avant 1982, le 8 mars existait en France, mais dans l’ombre. Organisé surtout par des organisations de gauche, syndicats ou partis communistes. Officiellement, rien.
Puis, en 1981, un vent nouveau souffle : François Mitterrand est élu président. Une première. Il crée un nouveau ministère : celui des Droits de la femme. Et le confie à une femme déterminée : Yvette Roudy.
En 1982, pour la première fois, la date de la journée de la femme devient officielle. C’est un événement. Le président prononce un discours à l’Élysée. Des manifestations sont organisées dans tout le pays. La journée passe du statut de meeting militant à celui de rendez-vous national.
Cette institutionnalisation donne une visibilité inédite à la cause des femmes. Des lois importantes voient le jour dans les années suivantes : loi sur l’égalité salariale (1983), renforcement des droits en matière d’emploi, lutte contre les stéréotypes.
Le hic ? L’ardeur initiale s’est parfois refroidie. Après cette flambée d’engagement, certaines promesses sont restées lettre morte. Mais le signal est passé : les femmes ne doivent plus être invisibles.
Comment la journée est-elle perçue dans les médias et la société ?
Aujourd’hui, le 8 mars est incontournable dans l’agenda médiatique. Vous ne pouvez pas y échapper. Mais comment en parle-t-on vraiment ?
Les médias s’emparent du sujet, c’est sûr. Mais souvent, ils se concentrent sur un petit nombre de thématiques : la place des femmes dans l’entreprise, la politique, ou les échecs malheureux de divers palmarès « gender balance ».
Pourtant, d’autres sujets aussi urgents restent en retrait :
- Les violences faites aux femmes, qui tuent encore une femme tous les 3 jours en France
- Le travail domestique non rémunéré, effectué à 66 % par les femmes
- La précarité des aides à domicile ou des travailleuses du sexe
Le plus problématique ? Parfois, les reportages tendent à montrer les femmes comme des victimes, surtout à l’étranger. On contraste avec des modèles plus positifs, comme en Finlande ou en Islande, où l’égalité est mieux intégrée.
Et puis, il y a la marchandisation. Le 8 mars est aussi une occasion pour les marques. Fleurs, promotions, messages « féministes » en carton : la date se transforme parfois en opération marketing.
L’esprit initial , celui de la mobilisation et de la revendication , est alors dangereusement dilué.
La Journée des femmes a-t-elle encore un sens aujourd’hui ?

On pourrait se dire : et si on lâchait un peu le 8 mars ? Après tout, pourquoi une seule journée, si l’égalité doit être quotidienne ? C’est une bonne question.
Le fait est que, même en 2026, cette journée garde une puissance particulière.
Dans certains pays, elle reste carrément dangereuse. En 1986, au Chili, des femmes manifestent malgré la dictature : elles sont arrêtées, réprimées. En Iran, en Turquie, en Pologne aujourd’hui, le simple fait de marcher le 8 mars peut valoir une mise en garde, voire des violences.
En France, elle sert de baromètre. Chaque année, elle permet de poser les mêmes questions :
- Où en est l’écart salarial ? Toujours là
- Combien de femmes subissent des violences ? Trop
- Les postes à responsabilité sont-ils équilibrés ? Pas vraiment
Et surtout, elle rappelle que l’égalité n’est pas un acquis figé. Elle se construit, se défend, se réinvente.
Alors oui, certains appellent à retrouver l’esprit de 1982 : pas une journée de fleurs, mais une journée d’exigence. Une mobilisation pour « faire bouger la société », comme on disait alors.
Car l’enjeu, ce n’est pas de célébrer. C’est de transformer.
Loin des discours convenus, la date de la journée de la femme reste un point d’ancrage. Un rappel puissant : le combat continue.
| Dimension | État en 2025 | Problème persistant |
|---|---|---|
| Écart salarial | Environ 17 % | Invisibilité de la charge mentale et des carrières interrompues |
| Violences faites aux femmes | Une femme assassinée tous les 3 jours | Manque de places en foyer, lenteurs judiciaires |
| Représentation politique | Environ 40 % à l’Assemblée | Moins de femmes aux postes de pouvoir (DG, présidences) |
| Travail non rémunéré | 1h30 de plus par jour pour les femmes | Reconnaissance insuffisante des tâches domestiques |
Cette journée n’a pas vocation à rester un symbole figé. La mobilisation doit rester vive.
Elle doit, surtout, rappeler que l’histoire des femmes n’est pas séparée de celle du monde. Qu’elle est faite de grèves, de cris, de silence brisés , et de moments de victoire.
Alors oui, célébrer, si cela donne envie d’agir. Mais surtout : ne pas oublier.
Le 8 mars, ce n’est pas qu’une date. C’est une invitation , à se souvenir, à revendiquer, à construire.
FAQ
Quelle est la date de la journée de la femme ?
Le 8 mars.
Pourquoi la journée des femmes est-elle le 8 mars ?
Elle commémore la grève des femmes russes de 1917, qui a déclenché la Révolution de Février et conduit à l’obtention du droit de vote pour les femmes.
Quelle est l’origine véritable du 8 mars ?
Proposée par Clara Zetkin en 1910 lors d’une conférence socialiste, la première célébration a eu lieu le 19 mars 1911 ; la date du 8 mars s’est imposée après les événements de 1917 en Russie.
Comment le 8 mars est devenu officiel en France ?
En 1982, sous le président François Mitterrand et la ministre des Droits de la femme Yvette Roudy, le 8 mars a été reconnu officiellement comme Journée internationale des femmes.
Quel rôle ont joué les Nations Unies dans la reconnaissance du 8 mars ?
L’ONU a proclamé 1975 « Année internationale de la femme », adopté en 1977 une résolution invitant les États à célébrer le 8 mars, et a renforcé le cadre juridique avec la Convention CEDAW en 1979.
Quel est le sens actuel de la journée de la femme en 2026 ?
Elle reste un moment d’exigence pour réduire l’écart salarial, combattre les violences, améliorer la représentation politique et reconnaître le travail non rémunéré des femmes.
Quels sont les principaux enjeux liés à la journée du 8 mars aujourd’hui ?
Écart salarial (~17 %), violences faites aux femmes (une femme assassinée tous les 3 jours en France), sous‑représentation politique (~40 % à l’Assemblée), charge mentale et travail domestique non rémunéré.
Qu’est-ce qui s’est passé le 8 mars 1857 ?
Un mythe affirme qu’une grève d’ouvrières new‑yorkaises aurait eu lieu le 8 mars 1857, mais aucune preuve historique ne le confirme ; l’événement réel est la grève russe de 1917.
Comment la journée du 8 mars a-t-elle évolué depuis les années 1970 ?
Les mouvements féministes ont élargi le champ d’action du 8 mars, passant du droit de vote à la lutte contre les violences, les inégalités salariales, la charge mentale et la représentation politique.
Pourquoi le 8 mars reste-t-il important pour l’égalité des sexes ?
Il sert de repère annuel pour rappeler les combats passés, mobiliser l’opinion publique et pousser les gouvernements à adopter des mesures concrètes en faveur de l’égalité.
